Daniel Erban

Tout ce que je sais de l’histoire de Daniel Erban, c’est qu’il est né en Israël en 1951, que ses parents étaient des survivants des camps d’extermination, qu’ils ont quitté Israël pour le Canada en 1964, année où le détournement des eaux par Israël atteint son maximum, créant le risque d’une nouvelle guerre, cette même année où est créé l’Organisation de Libération de la Palestine dont les attentats vont aggraver le sentiment d’insécurité des Israéliens. Les parents Erban fuient cette violence et veulent sans doute que leur Daniel grandisse dans la paix, mais ils ne peuvent fuir la mémoire de l’anéantissement de l’humain. Daniel Erban devient professeur de mathématiques; mais peut-on espérer que les chiffres protègent de l’incalculable ? Ses dessins se comptent par centaines, comme s’il avait voulu les planter comme des arbres, un dessin pour chaque mort. Cette mémoire est présente dans chacun de ses dessins, à la fois par les représentations de scènes violentes et par les deux éléments graphiques qu’il utilise, un trait torturé et dur comme du fil de fer et un trait noir épais comme le barreau d’une fenêtre de prison. On retrouve cette violence graphique dans ses rares peintures, mais on y trouve aussi parfois une douceur qui espère.

Daniel Erban est mort en 2017, après de longues souffrances.