Sylvain Martel

Né à Saint Henri, quartier ouvrier de Montréal, les fées n’ont pas déposé l’art dans son berceau. Pourtant il n’a aucun souvenir de lui-même sans dessin. A vingt ans, en découvrant dans un livre les photos des œuvres de Francis Bacon s’impose à lui la détermination de faire du dessin sa vie dans le temps que lui laisse l’usine d’impression de tee-shirts où il travaille encore. Seul il se donne une culture en peinture et dessin, mais aussi en littérature, en philosophie, en musique, sans oublier le théâtre et le cinéma. Une colère le guide dans ses choix et habite tous ses dessins. Après Bacon, Dado et Rebeyrolle sont ses peintres dans lesquelles il reconnaît quelque chose de lui. Viendra ensuite Fred Deux dont le travail à partir de taches l’inspire.

Depuis trente ans, il ne dessine pas à grands coups de crayon, mais par milliers de points et de traits qui font croire à de la gravure. Même si ses têtes hurlantes avec leurs mâchoires énormes rappellent certains bédéistes et caricaturistes, cette minutie et la radicalité de la rage qu’elle sert s’en éloigne. Un moine pointilliste œuvre dans les ombres tandis qu’un archer nous atteint de ses traits.